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The following review and subsequent quotes of The Phantom of the Opera (Le Fantôme de l’Opéra) will be written in French.
- Date finished: September 4th, 2025
- Pages: 343
- Format: Paperback
- Form: Fiction
- Language read: French
- Series: Standalone
- Genre: Classics | Horror | Gothic
Le Fantôme de l’Opéra suit l’histoire d’amour de la jeune chanteuse Christine Daaé et le Viscomte Raoul de Chagny qui sont tourmentés par, et oui, comme vous l’avez deviné, le Fantôme de l’Opéra. Dans ce récit, le fantôme (inspiré par une véritable personne qui a été abrité dans les souterrains de l’Opéra Garnier) prend aussi la forme d’un Ange de la Musique qui est à la fois professeur et une figure autoritaire dans la vie de Christine. Mais le changement de locataires des directeurs de l’opéra ainsi que la réunion des deux amis d’enfance viennent bouleverser les manies du fantôme contrôlant.
Le Fantôme de l’Opéra est un classique de la littérature gothique. Je ne savais point que le roman est inspiré par des événements réels et non fictifs.
Dès le début du récit, l’auteur nous fait comprendre que le Fantôme a réellement existé et il se plonge dans les mésaventures de l’Opéra Garnier pour embellir son propre conte mi-fictif:
Le fantôme de l’Opéra a existé. Ce ne fut point, comme on l’a cru longtemps, une inspiration d’artistes, une superstition de directeurs, la création falote des cervelles excitées de ces demoiselles du corps de ballet, de leurs mères, des ouvreuses, des employés du vestiaire et de la concierge.
Oui, il a existé, en chair et en os, bien qu’il se donnât toutes les apparences d’un vrai fantôme, c’est-à-dire d’une ombre. (p. 7)
Gaston Leroux réussit à amplifier les instances d’horreur avec des moments drôles et démésurés. L’exemple qui me vient en tête est durant la soirée de représentation où la voix de la Carlotta se transforme en couac de crapaud! (p. 104) Suivi rapidement du décrochement dramatique (et horifiant!) du lustre qui a résulté en quelques blessés et une morte. Et encore une fois, cet évènement se rapproche à la réalité:
« Elle chante ce soir à décrocher le lustre ! » D’un commun mouvement, ils levèrent la tête au plafond et poussèrent un cri terrible. Le lustre, l’immense masse du lustre glissait, venait à eux, à l’appel de cette voix satanique. Décroché, le lustre plongeait des hauteurs de la salle et s’abîmait au milieu de l’orchestre, parmi mille clameurs. Ce fut une épouvante, un sauve-qui-peut général. Mon dessein n’est point de faire revivre ici une heure historique. Les curieux n’ont qu’à ouvrir les journaux de l’époque. Il y eut de nombreux blessés et une morte.
Le lustre s’était écrasé sur la tête de la malheureuse qui était venue ce soir-là, à l’Opéra, pour la première fois de sa vie, sur celle que M. Richard avait désignée comme devant remplacer dans ses fonctions d’ouvreuse Mame Giry, l’ouvreuse du fantôme. Elle était morte sur le coup et le lendemain, un journal paraissait avec cette manchette : Deux cent mille kilos sur la tête d’une concierge ! Ce fut toute son oraison funèbre. (p. 108)
Pour ce qui concerne les trois principaux personnages du récit (Christine Daaé, Raoul de Chagny et Erik), j’ai commencé à les apprécier.
Christine, même si elle est manipulée par Erik, est une figure passive qui se transforme en active dans sa propre histoire. C’est vrai qu’elle est décrite comme une angélique fée. Mais c’est elle qui décide de se sacrifier pour Raoul et le Persan. Grâce à son amour pour Raoul, elle devient brave et vers la fin, elle choisit indépendamment sa propre destinée (qui finalement la délivre avec son vrai amant).
Au début, le viscomte Raoul me saouler. Mais ensuite je me suis rappellée que lui aussi est jeune et atteint d’un coup de foudre total de son amie d’enfance qu’il a finalement retrouvé:
Ce soir-là, la confusion n’avait jamais été plus complète, mais Raoul n’avait jamais été moins timide. Il écartait d’une épaule solide tout ce qui lui faisait obstacle, ne s’occupant point de ce qui se disait autour de lui, n’essayant point de comprendre les propos effarés des machinistes. Il était uniquement préoccupé du désir de voir celle dont la voix magique lui avait arraché le cœur. Oui, il sentait bien que son pauvre cœur tout neuf ne lui appartenait plus. Il avait bien essayé de le défendre depuis le jour où Christine, qu’il avait connue toute petite, lui était réapparue. Il avait ressenti en face d’elle une émotion très douce qu’il avait voulu chasser, à la réflexion, car il s’était juré, tant il avait le respect de lui-même et de sa foi, de n’aimer que celle qui serait sa femme, et il ne pouvait une seconde, naturelle-ment, songer à épouser une chanteuse ; mais voilà qu’à l’émotion très douce avait succédé une sensation atroce. Sensation? Sentiment? Il y avait là-dedans du physique et du moral. Sa poitrine lui faisait mal, comme si on la lui avait ouverte pour lui prendre le cœur. Il sentait là un creux affreux, un vide réel qui ne pourrait jamais plus être rempli que par le cœur de l’autre ! Ce sont là des événements d’une psychologie particulière qui, paraît-il, ne peuvent être compris que de ceux qui ont été frappés, par l’amour, de ce coup étrange appelé, dans le langage courant, « coup de foudre ». (pp. 31-32)
En effet, Raoul, pour toute sa peur (il est souvent comparé à un enfant qui sanglote pp. 131-132) et son ignorance au début du roman, se métamorphose en un homme qui croit aux événements surnaturels SANS perdre son sain esprit afin de sauver Christine.
Car le vicomte avait un esprit des plus sains. Sans doute, il était poète et aimait la musique dans ce quelle a de plus alle, et il était grand amateur des vieux contes bretons ou dansent les korrigans, et par-dessus tout il était amoureux de cette petite tée du Nord qu’était Christine Daaé; il n’empêche qu’il ne croyait au surnaturel qu’en matière de religion et que l’histoire la plus fantastique du monde n’était pas capable de lui faire oublier que deux et deux font quatre. (p. 111)
Et finalement, nous en revenons au pauvre Erik, le fantôme de l’opéra. Le fantôme-lui a beaucoup d’aura, comme disent les jeunes d’aujourd’hui. On veut le détester, l’haïr même, mais on finit par le comprendre et même sympathiser avec sa peine.

Erik est un pauvre homme savant qui s’est fait un mythe de lui-même pour se faire une place dans un monde qui lui est cruel face à son défigurement:
«— C’est vrai, Christine !…. Je ne suis ni ange, ni génie, ni fantôme… Je suis Erik ! » (p. 163)
En tant que lectrice, je ne peux que ressentir de la pitié mais aussi de la compassion pour ce monstre qui s’est créé. Surtout lorsque je me r’appelle de la description de Joseph Buquet (qui a été pendu au tout début du livre pour son commentaire irrespectueux):
Et voici ce que Joseph Buquet a dit du fantôme à qui voulait l’entendre :
« Il est d’une prodigieuse maigreur et son habit noir flotte sur une charpente squelettique. Ses yeux sont si profonds qu’on ne distingue pas bien les prunelles immobiles. On ne voit, en somme, que deux grands trous noirs comme aux crânes des morts. Sa peau, qui est tendue sur l’ossature comme une peau de tambour, n’est point blanche, mais vilainement jaune ; son nez est si peu de chose qu’il est invisible de profil, et l’absence de ce nez est une chose horrible à voir. Trois ou quatre longues mèches brunes sur le front et derrière les oreilles font office de chevelure. » (pp. 15-16)
Au début de ma critique, j’ai noté que ce livre est une histoire gothique, mais elle touche à plusieurs genres et humeurs. On retrouve aussi une enquête policière qui rentre vers la fin. On est aussi dans le pathétique (l’intensité des émotions et les soliloques) et le fantastique (les airs fantasmatiques que prend Erik).
Et tout cela ensemble mène à une lecture fascinante !
Vous pouvez aussi visionner mon petit vlog de lecture ici.
La petite Christine demandait à son papa s’il avait entendu l’Ange. Mais le père Daaé secouait la tête tristement, puis son regard brillait en regardant son enfant et lui disait :
«Toi, mon enfant, tu l’entendras un jour ! Quand je serai au ciel, je te l’enverrai, je te le promets ! » (p. 70)
Il avait saisi une harpe et il commença de me chanter, lui, voix d’homme, voix d’ange, la romance de Desdémone. Le souvenir que jen avais de l’avoir chantée moi-même me rendait honteuse. Mon ami, il y a une vertu dans la musique qui fait que rien n’existe plus du monde extérieur en dehors de ces sons qui vous viennent frapper le cœur. Mon extravagante aventure fut oubliée. Seule revivait la Voix et ie la suivais enivrée dans son voyage harmonieux ; je faisais partie du troupeau d’Orphée ! Elle me promena dans la douleur, et dans la joie, dans le mar-tyre, dans le désespoir, dans l’allégresse, dans la mort et dans les triomphants hyménées… J’écoutais… Elle chantait… Elle me chanta des morceaux inconnus… et me fit entendre une musique nouvelle qui me causa une étrange impression de douceur, de langueur, de repos… une musique qui, après avoir soulevé mon âme, l’apaisa peu à peu, et la conduisit jusqu’au seuil du rêve. Je m’endormis. (p. 166)
⭐⭐⭐⭐








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